Helen Keller

"le meilleur aboutissement de l'éducation est la tolérence."

Diplôme et début de carrière

C’est en juin 1904 qu’Helen, qui vient d’avoir vingt-quatre ans, reçoit son diplôme, cum laude, avec mention « bien », du prestigieux Radcliffe College de l’université de Harvard. Par la suite, elle devient en quelque sorte l’ambassadrice mondiale des opprimés, engagée dans la lutte pour la reconnaissance des droits des femmes, des ouvriers et des minorités.

hk_orig25 En 1921, elle contribue de manière décisive à la création et au fonctionnement de l’AmericanFoundation for the Blind. Sous son impulsion, bien d’autres fondations se créent dans le monde. Parallèlement, elle donne de nombreuses conférences dans divers pays et poursuit sa carrière d’écrivain, très tôt commencée. Au-delà de son ouvrage, The Story of my Life, traduit en plus de cinquante langues, qui lui vaut une immense popularité, elle écrit treize livres et de multiples articles, consacrés aux déficiences sensorielles, à la condition féminine et autres sujets de société.

Anecdote

L’histoire rapporte qu’en 1961, à l’issue d’une entrevue avec le président John F. Kennedy à la Maison Blanche, elle déclare, en souriant, ne pas se souvenir du nombre de présidents rencontrés au cours de sa vie. Elle meurt le 1er juin 1968, à Wesport, dans le Connecticut, peu de temps avant son 88e anniversaire. Tel est l’itinéraire de la petite fille écorchée vive, dont l’univers s’arrêtait à sa propre peau. Elle pour qui le monde, c’était elle et rien d’autre. Elle qui cédait à des colères et à des crises aiguës de désespoir, dans son cachot où nul bruit et nulle lumière ne pénétraient. Elle a fini par vaincre le hasard cruel, dont elle a été victime au matin de sa vie, avec l’aide d’une pédagogue d’exception, qui a montré a contrario que la défaite est souvent dans le regard porté sur celui que l’on éduque.

hk_orig11.jpg Où un autre peut parvenir, elle est parvenue ! De sorte qu’elle fait naître, chez ceux qui la lisent ou découvrent ses réalisations, un sentiment d’admiration pour son adaptabilité, son inépuisable quête de savoir et son inflexible détermination à réussir. Pour son acharnement à se « désemmurer » et à échapper à l’existence de morte vivante à laquelle elle semblait promise. Le bonheur que lui procurent ses succès n’exclut pas ses larmes rentrées ! Entre espoir et révolte contre l’injuste destin, c’est cependant son désir de vivre, de communiquer, de savoir, de se réaliser qui a triomphé de son handicap.

Elle révèle, lumineusement, que l’éducation commence là où le temps étalonné ne compte plus, là où s’arrêtent les certitudes normatives, là où meurent les défaitismes. L’abbé de l’Epée aurait été comblé de connaître cette remarquable réussite, lui qui écrivait, dans une lettre au Journal de Paris du 5 décembre 1785 : « Si, dans le nombre de sourds de naissance, il s’en trouvait un qui fût aveugle, je me chargerais volontiers de son instruction, moins difficile que le commun des hommes ne se l’imagine. » C’était près d’un siècle avant la naissance d’Helen Adams Keller !

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